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Le monde de l'art pourra-t-il un jour réduire son empreinte carbone ?

· Marché de l'art

Le changement climatique est sans aucun doute l'une des plus grandes menaces pesant sur notre planète. C'est pourquoi de nombreux secteurs d’activité ont mis en place de sérieux changements, afin de réduire ou compenser leurs émissions de carbone. Habituellement en avance sur les questions de société, sur ce sujet le monde de l’art a malheureusement conservé ses anciennes méthodes, à fort impact environnemental, sans se préoccuper de changer...

Pourquoi devrions-nous nous inquiéter ?

À première vue, l'industrie de l'art ne semble pas être la plus polluante. Mais la prochaine fois que vous vous promènerez dans une foire d'art ou que vous visiterez une galerie, pensez à la logistique qu'implique la création de tels évènements.

Les foires

Dans le monde de l’art, les foires ont le plus lourd impact sur l'empreinte carbone. Le transport d'œuvres d'art venant des quatre coins du monde pour de courtes périodes est une pratique non durable, et bien souvent répétée. Sans parler du nombre de vols aériens (publics ou privés...) pris par le personnel des galeries et les collectionneurs pour assister à ces expositions. Selon ArtNet, Dietl International, une société spécialisée dans le transport d'œuvres d'art, a généré 1 000 tonnes de CO2 rien que pour ses expéditions vers Art Basel Miami Beach. À méditer sachant qu'une voiture ne produit en moyenne que 4,6 tonnes d'émissions de carbone par an...

La livraison

Le transport des œuvres vers les foires n’est pas le seul problème, la question se pose aussi pour la livraison des œuvres des galeries aux collectionneurs. À l'heure actuelle, il n'y a guère de demande pour des solutions plus respectueuses de l'environnement. Probablement car les clients ne se rendent pas compte que ces achats, pris dans leur ensemble, ont un impact environnemental majeur. De plus, malgré leur commodité, les emballages de transport jetables (souvent en plastique) ont des conséquences sur la planète loin d'être temporaires.

Comment pouvons-nous changer les choses ?

En raison de la crise du coronavirus, « les émissions mondiales devraient diminuer de 5 % », selon The Art Newspaper. Mais ce n'est pas une raison pour crier victoire ! En effet, il reste beaucoup à faire et il est plus que temps aujourd’hui d'investir dans des solutions environnementales à long terme, sur le plan individuel, commercial et même politique.

Malgré tout, cette possibilité ajoute un coût supplémentaire à une transaction déjà coûteuse, ce qui est un frein certain pour les clients. La question est alors légitime : ce coût doit-il être affiché comme un supplément ou doit-il être intégré dans les coûts existants jusqu'à ce que la demande augmente ? Heureusement, l’existence même de cette option est susceptible d'accroître la demande, bien plus que si les clients n’avaient aucune possibilité pour réduire leur impact environnemental. Bien sûr, ce combat ne concerne pas seulement les collectionneurs, il faut aussi prendre en compte les galeries. Néanmoins, leurs bénéfices souvent serrés rendent difficile la priorisation en matière d'environnement.

En attendant, des entreprises telles que RokBox au Royaume-Uni proposent des emballages d’œuvres d'art réutilisables à chaque transport. Voilà déjà un premier grand progrès pour l'industrie et une façon de modernisant les pratiques habituelles de manière permanente.

Les choses commencent aussi à changer en amont, car certaines œuvres d'art sont dès le départ axées sur l'environnement. De l'art écologique à l'upcyclage, les artistes utilisent leur art pour mettre la crise climatique au premier plan. Ainsi, en 2014, l'exposition Ice Watch d'Olafur Eliasson a montré la fonte de la banquise du Groenland en temps réel dans divers endroits du monde. Pourtant, ces projets ne sont pas exempts d'émissions carbone, car la glace a dû être collectée et transportée partout dans le monde !

Olafur Eliasson, Ice Watch, 2014

En fin de compte, nous devons nous demander s'il suffit de sensibiliser le grand public à ces questions ou s'il est temps d’agir pour faire réellement la différence. C'est pourquoi l'utilisation de matériaux recyclés ou naturels, ou l’achat d’art de façon locale sont des solutions plus durables.

En outre, il est nécessaire que le monde de l'art profite de l'ère du numérique pour rendre les expositions et les foires disponibles sous un format virtuel et ainsi réduire la nécessité d'y assister physiquement. Bien sûr, il faudra anticiper les conséquences sur la viabilité financière des organisations événementiels, et trouver de nouvelles façons de débloquer des revenus si personne ne peut y assister pour des raisons environnementales. Mais c’est aussi une occasion de rapprocher davantage les collectionneurs et les artistes locaux.

Le digital au service de l’environnement ?

En tant que plateforme en ligne, Artsper réduit le besoin de se rendre dans les galeries pour voir et acheter des œuvres. Les collectionneurs peuvent acheter des œuvres de n'importe où dans le monde, en limitant la pollution des transports.

Sans oublier la "pollution numérique", qui se révèle être une source cachés d'émissions de carbone, si bien que des entreprises telles que Google Cloud et Amazon Web Services se sont engagées à utiliser des énergies renouvelables pour alimenter leurs infrastructures.
Si la pollution induite par les pratiques actuelles du marché de l'art pousse l'industrie à être plus locale, une présence en ligne, elle, n'a jamais été aussi importante pour accéder à l'art à l'échelle internationale !

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